Crédit Photo :              Gilles Martin Raget ã  "L'image en Provence"

 

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Fontvieille en Provence, Bouches-du-Rhône

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tour de guet pour Montmajour

la peste et la choléra

une mystification littéraire

la coquille des pélerins

de l'eau et de la farine

le mont des mystères

 

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Fontvieille

tour de guet pour Montmajour

La couleur sanglante des gisements de bauxite qu'exploite Fontvieille rappelle que la forteresse des Baux est proche. Ce fut précisément pour se défendre contre les attaques des seigneurs des Baux que les moines de Montmajour élevèrent, en 1353, une tour de surveillance, dite Tour de l'Abbé.

Près de cette tour, que vous trouverez à la sortie O. de la ville, on construisit au XVle siècle un bâtiment conventuel, en bon état de conservation. Près de la tour également, un petit musée local abrite les découvertes effectuées au Castellet.

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Fontvieille

 

la peste et la choléra

De l'autre côté de la route, se dresse l'oratoire de Saint-Victor et de Saint-Roch, élevé par les habitants de Fontvieille pour se protéger contre la peste, au xvIIIe siècle, et contre le choléra, au xlxe. On y lit l'inscription suivante

A DIEU TOUT PUISSANT ET TOUT MISÉRICORDIEUX A LA B. V. MARIE A SAINT VICTOR ET A SAINT ROCH

LE PEUPLE DE FONTVIEILLE

PROTÉGÉ ET RECONNAISSANT

1721 1833-1835

 

Cet oratoire possède deux niches qui renferment, l'une et l'autre, un bas-relief représentant saint Roch et saint Victor.

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Fontvieille

 

une mystification littéraire

Le fameux moulin de Daudet, classique moulin à vent bâti au sommet d'une petite colline, n'a, en fait, jamais été la demeure de l'écrivain. On l'a cependant transformé en un musée Daudet qui renferme de nombreuses pièces manuscrites de l'auteur des Lettres de mon moulin. Mais ces der­nières ont été écrites à Paris, en 1865.

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Fontvieille

 

la coquille des pèlerins

La route qui longe les ruines du château du Mont Paon, à 3 km à l'E. de Fontvieille par la RD 17, vous mènera à un très curieux vestige romain:

l'autel de la Coquille. Les Romains taillèrent cet autel dans la pierre tendre d'une carrière de la route des Baux, et l'ornèrent d'une coquille de Pecten, ou « Saint Jacques ». Plus tard, les pèlerins en route vers Compostelle, passant près de l'autel du mont Paon, y virent le reflet de leur quête spirituelle. Mais, avant d'être l'insigne des croisés de Galice, la coquille Saint-Jacques avait été iden­tifiée au berceau nacré de Vénus. La mythologie provençale lui avait, du reste, attribué une troi­sième fonction symbolique : celle de la fécondité, liée au culte des eaux de toutes les Alpilles.

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Fontvieille

 

de l'eau et de la farine

L'aqueduc romain de Barbegal, à 5 km au S. de Fontvieille par la RD 33, servait à conduire jusqu'à l'Arelate antique les eaux collectées au pied des Alpilles (voir ARLES). L'une de ses branches empruntait un canal en tranchée pour traverser la colline rocheuse, et fournissait en eau une mino­terie qui ne comptait pas moins de seize moulins. De ces installations considérables, puisque la minoterie fournissait en blé moulu toute la région d'Arles, il nous reste les deux séries de biefs et les chambres de meunerie. Les moulins de Barbegal peuvent être considérés comme la plus importante des usines hydrauliques construites par les Romains vers le IIIe siècle. Ils furent abandonnés deux cents ans plus tard, au moment des grandes invasions.

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Fontvieille

 

le mont des mystères

La route d'Arles à Fontvieille (RD 17) passe à l'O. du mont de Cordes et de son extraordinaire collection d'hypogées funéraires, l'un des lieux où s'est perpétué le mystère de la Provence antique.

Le mont de Cordes tout comme le mont Paon et la colline voisine de Montmajour était à l'origine, et demeura longtemps, un îlot rocheux. Jusqu'au Moyen Age, la plaine qui prolonge le flanc S. des Alpilles était un immense marécage où l'on ne se déplaçait qu'en bateau.

Les habitants, qui se nourrissaient presque exclusivement de poisson, occupaient toutes les éminences. Pendant l'époque protohistorique,  et jusqu'à l'assèchement des marais, au Xle siècle, par les moines de Montmajour, ceux qui campaient sur ces hauteurs entouraient de soins particuliers leur bien le plus précieux: les morts de qualité.

Cette vénération fut à l'origine d'un extraordinaire temple de la Mort, creusé dans les profondeurs de la colline, et que nous connaissons aujourd'hui par les cinq hypogées funéraires qui ont survécu aux destructions et à l'usure du temps.  

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Cordoue-en-Provence Les peuplades ligures qui déposèrent leurs osse­ments sous le roc de Cordes en furent chassées par les envahisseurs Sarrasins. En souvenir de Cordoue, leur patrie, ces derniers baptisèrent le lieu de leur campement du nom de Cordes. Puis, ils se jetèrent sur Arles.  

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Un travail de Ligures Pour accéder à l'hypogée funéraire de Cordes (situé à l'intérieur d'un domaine privé; on ne visite que sur autorisation spéciale) il faut monter longtemps un sentier en lacets tracé dans des éboulis très anciens, écrasés de soleil. Parvenus sur le plateau, on suit l'arête de la colline qui domine la dépression d'Arles-Mouriès. Puis, au détour d'un buisson, le chemin préhistorique bifurque et s'arrête devant l'entrée d'une grotte artificielle, creusée à même le rocher. La grotte des Fées va livrer ses énigmes.

On y pénètre par un plan incliné. Longue de 45 m, la grotte a de 2 à 3 m de largeur. On ne sait ce qu'il faut admirer le plus, du travail cyclopéen de ces hommes qui, sans aucune machine, posèrent de telles pierres sur un tel couloir, ou de [a dispo­sition des lieux eux-mêmes. D'énormes dalles, régulièrement jointoyées, servent de plafond

elles semblent défier le temps et la destruction. Des signes gravés figurent sur les pierres; d'autres signes apparaissent au fond de la grotte, sur le pan de rocher taillé à vif qui obture le passage, mais ils sont difficilement lisibles. Les dessins du plafond représentent, selon certains, un zodiaque primitif; ceux de la paroi du fond évoquent la double spirale, symbole possible du taureau cornupète.  

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 Quatre hypogées voisins La grotte des Fées de Cordes est le plus impressionnant des hypogées provençaux, mais il en existe quatre autres, dissimulés dans les environs immédiats : ceux de Coutignargues, de Bounias, de la Source et du Castellet. On les trouvera, après avoir redescendu le mont de Cordes et franchi, au sud, les vestiges de l'enceinte préhistorique qui isolait la colline. Ceux de la Source et du Bounias sont entourés d'une rigole circulaire qui délimitait jadis le tumulus sous lequel ils étaient enfouis. L'hypogée de Coutignargues s'enfonce dans la terre meuble et non, comme les autres, dans le rocher. Une ancienne stèle gravée le signale à l'attention des curieux. Cet ensemble de tom­beaux grandioses a reçu le nom d'allées couvertes, lorsque Cazalis de Fondouce les découvrit et les décrivit à la fin du XIXe siècle (1).  

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Le menhir mâle de Coutignargues L'hypogée de Coutignargues, en bordure de la RD 17, ne laisse pas d'intriguer. Il a été bouleversé à plusieurs reprises, sans doute par ces chercheurs de trésors qui, de tous temps, ont cru que ces amas de pierres étales recélaient le trésor des trésors, celui que gardait la Chèvre d'Or de la tradition.

Parmi ces pierres, parfois énormes, s'allonge un menhir renversé. Long de près de 3 m, il est fort bien taillé. Près de l'une de ses extrémités, on aperçoit une rainure circulaire, où certains ont cru distinguer un symbole phallique, d'autres la limite d'une tête stylisée; deux mains apparaî­traient même à la surface du corps, ce qui appa­renterait le mégalithe à ceux de Saint-Seruin, dont la figuration humaine ne peut être mise en doute. Mais cette hypothèse fait trop bon marché des dessins de type nettement sexuel qui sont gravés sur le rocher, à quelque distance de l'hypogée de Coutignargues, près de celui du Castellet.

Quelle que soit l'explication retenue, ce menhir a frappé les imaginations. Dressé, il devait avoir belle allure. La chronique nous apprend qu'il fut christianisé et devint saint Coutignardes.

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Le soleil et la lune L'hypogée du Castellet pose également des problèmes, à cause de nombreux signes qui n'ont pas encore tous été répertoriés et dont le déchiffre-ment se révèle délicat. Ces signes sont difficiles à distinguer au premier abord, à demi effacés sous une gangue de calcaire bleui, où des lichens posent de grandes taches jaunes. La plupart d'entre eux  se rattachent à là forme appelée "sabots d'équidés".

On voit des «fers à cheval «, des cercles, des rouelles, des croix cerclées, c'est-à-dire un ensemble de  symboles solaires. Mais on y trouve aussi, en grand  nombre, des représentations très stylisées de vulves,  identiques à celles qui appartiennent à tout l'univers néolithique. A la surface des rochers apparaissent également des cupules creusées, avec régularité, par la main de l'homme. Le caractère magique de tous ces signes, paraît certain si leur signification nous échappe encore.

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La clé du mystère est au Portugal Ces bassins et ces cupules, creusés à même le flanc du rocher, paraîtront peut-être une fantaisie de la nature. Pourtant, ce sont des hommes qui les ont sculptés. D'ailleurs, des manifestations rituelles identiques ont connu en Provence une diffusion particulièrement large  et même plus loin puisque c'est au Portugal que Jean-Paul Clébert pense trouver la clé de cette énigme. Le sanctuaire de Panojas, dans le nord du Portugal, présente une inscription gravée en latin sur le rocher, et qui atteste la survivance, à une époque post-néolithique, d'un culte préhistorique. Cette inscription, relevée et traduite par J. Toutain, dévoile l'usage de ces cavités sculptées

" G.C.C. Rufinus, dont le voeu a été exaucé, a consacré aux dieux et aux déesses, ainsi qu'à toutes les divinités des Lapiteae, en même temps que ce sanctuaire, le bassin éternel dans lequel les victimes sont brûlées conformément à la promesse faîte. » Ici sont consacrées aux dieux les victimes qui y sont abattues; leurs entrailles y sont brûlées dans les bassins rectangulaires et leur sang se répand dans les petits bassins ronds qui sont placés à côté.

G.C.C. Rufinus, dont le voeu a été exaucé, a consacré ce bassin aux dieux, comme il l'avait promis, ce sanctuaire et ce bassin où se mêlent les offrandes."

Il s'agit là d'un texte particulièrement révélateur, et qui s'applique sans équivoque à l'ensemble des rochers à cupules trouvés en Provence. Ces rochers sont souvent associés à des tumuli funé­raires. Plus souvent encore, on les trouve à proxi­mité des chemins de transhumance, les « drailles «, qui, ici, contournaient les Alpilles. Ainsi, lié à une civilisation essentiellement pastorale,  ce culte remonte à l'Age du Fer Il, peut-être même au Bronze moyen, et paraît s'être prolongé jusqu'à l'époque romaine.

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Des vertèbres et des coquilles On a trouvé, à l'intérieur des hypogées de Cordes, près de cinq cents vertèbres de poissons, volon­tairement choisies en fonction de leur taille, et dont l'hypophyse avait été retirée. Auprès de ces étranges squelettes, se trouvaient des coquilles d'escargots, percées de deux trous. Ces coquilles, semble-t-il, étaient cousues sur les vêtements pour servir de parure, ainsi qu'en témoigne la place qu'occupaient sur les squelettes humains les coquillages découverts dans d'autres sépultures (voir BONNIEUX et MENTON).

Les premiers explorateurs de ces hypogées ne semblent guère avoir prêté attention à ces parures chargées de potentiel magique. Ils ont, en revanche, collecté soigneusement les outils et objets préhistoriques qui, en grand nombre, jonchaient le sol. Ce qui nous est parvenu reste pauvre  quelques silex, des maillets à rainure, comparables à ceux que fabriquèrent les ateliers de Murs, en Vaucluse, et qui ont servi à creuser ces formidables tranchées.

 

 

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